CONSULTANTS: POURQUOI PRENDRE DU RECUL SUR SA PRATIQUE?– SAINT-ETIENNE (42)

 La réflexivité du consultant : prendre du recul pour interroger sa pratique et sa posture 

Auteur : Christelle Berthéas, ingénieure en organisation du travail et superviseure

Tom connaît son métier, il a de l’expérience, il sait quoi faire. Et là, il vient de décrocher un gros contrat. Il est heureux. C’est son cœur d’expertise.

Pourquoi aurait-il besoin d’un regard extérieur?

Tom se dit « J’ai vraiment envie de le faire » et en même temps « j’ai peur de ne pas être à la hauteur. »

Quand un évènement devient important, la situation et la relation avec le client est vue sous le prisme des enjeux. Et cela peut modifier nos comportements : Nous faire accepter plus de demandes, en faire plus pour rassurer son client, donner plus de son temps que d’accoutumé.

 

 « J’ai besoin d’un regard qui ne cherche pas à me conforter »

Avoir un autre regard sur sa pratique éclaire des éléments qui sont hors du champ de vision. Cela permet de faire le tour d’une situation sous différents angles de vue. Quand on est un consultant expérimenté, compétent comme Tom, nous n’avons pas besoin de méthodes. Dans des situations à fort enjeu, nous avons besoin d’être accompagné dans la pratique professionnelle pour rester stable, de conserver la capacité d’écoute et de discernement, de pouvoir s’ajuster à son client.

 

 « Je voyais mon intention, je ne voyais plus l’impact », « j’ai commencé à voir ce qui m’échappait ».  

Avoir un autre regard est neutre, sans enjeu permet d’élargir les possibles. Un autre regard ne cherche pas à obtenir un contrat, à satisfaire un client, à protéger une réputation. C’est ce qui lui permet d’éclairer des zones d’ombre. Il interroge la posture, les choix d’intervention et la manière d’être en relation avec le client.

 

Un consultant qui prend du recul offre à son client une relation de qualité, individualisée, sans enjeu, plus claire et plus alignée

 

La différence ne se joue pas entre un consultant qui sait faire et un consultant qui ne sait pas faire. Elle se joue dans la capacité à rester lucide lorsque l’enjeu devient important.

C'est cette plus value là que Tom est venu chercher. 

Et cela a un effet direct sur son client : une relation plus claire, des responsabilités mieux partagées, des décisions assumées, une intervention plus ajustée, moins de dépendance au consultant.

 

 

À propos de l’auteure

Je suis Christelle Berthéas, ingénieure en organisation du travail, superviseure et partenaire de réflexion pour dirigeants et collectifs.

J’accompagne les acteurs clés des organisations — dirigeants, entrepreneurs, équipes, coachs, indépendants et professionnels de l’accompagnement — pour éclairer les pratiques et faire évoluer les dynamiques de travail vers davantage de lien, de sens et une dynamique humaine valorisée.